A propos de
André Tubeuf
André Tubeuf est un écrivain, philosophe et critique musical né à Smyrne (Turquie) le 19 décembre 1930. Condisciple à Beyrouth du futur poète Salah Stétié, il vient à Paris, après la guerre, et effectue sa khâgne au lycée Louis-le-Grand, où il se lie, entre autres, avec Dominique Fernandez. Ancien élève de l'École normale supérieure, rue d'Ulm, en 1950, il a été d'abord marqué par l'enseignement de Michel Alexandre, Louis Althusser et Maurice Merleau-Ponty, puis par son amitié avec Gérard Granel. Agrégé de philosophie, il a enseigné cette matière en khâgne à Strasbourg de 1957 à 1992. À partir de 1976, il a collaboré principalement au magazine Le Point. Après Romain Rolland, André Suarès et Vladimir Jankélévitch, dont il fut l'élève, il a renouvelé le genre de la littérature musicale en France, échappant au genre romanesque, sans pour autant verser dans la musicologie. Outre ses essais biographiques sur Mozart, Richard Wagner et Richard Strauss, il a écrit parmi les meilleurs portraits de ses amis Elisabeth Schwarzkopf, Claudio Arrau, Hans Hotter, Rudolf Serkin, Arthur Rubinstein, Régine Crespin, Daniel Barenboïm, Hélène Grimaud ou Cecilia Bartoli. Comme le remarque Adrien de Vries, à l'occasion de la publication de l'anthologie de ses textes, L'Offrande musicale, chez Robert Laffont, en 2007 : « André Tubeuf, chroniqueur musical publié dans les médias ou dans les programmes accompagnant les concerts depuis plusieurs décennies, fait paraître plusieurs centaines de chroniques et de "feuillets" déjà édités. Tous ont comme un fil ténu jamais sacrifié : l'écoute critique. La plume saisit, décortique, explicite, et dévoile ce qui est à l'œuvre dans les œuvres. Comment dire et surtout écrire le sens et la mystérieuse magie de la musique (opéras, concerts, festivals, récitals...) ? Voici un ensemble de textes écrits au moment des représentations des spectacles concernés, rédigés au fil d'une actualité passée, classés de façon alphabétique. Plus qu'un dictionnaire, la somme critique embrasse toutes les périodes de la musique et tous les courants stylistiques. Mais selon le filtre de la sensibilité d'un mélomane, agrégé de philosophie à vingt-trois ans, lequel, dans une introduction ample (rédigée en mars 2006), raconte à la première personne son éducation musicale, ses goûts, l'évolution d'une curiosité dont l'arche a pu s'édifier depuis ses « vraies enfances » (Schubert, Beethoven, le lied, le quatuor, les passions de Bach), en passant par l'expérience limitée et lucide du chant (auprès de « l'adorable vieille Mlle Goupil, qui avait été quelque chose comme assistante de Fauré ») qui falsettisait les Vier letzte lieder de Strauss, et pour lequel l'un des chocs dans l'écoute fut, après Beethoven, la Messe en si de Bach. En octobre 1955, c'est la guerre d'Algérie et l'apprentissage dans le djebel des lieder de Wolf et de Schubert... De page en page, on comprend mieux comment un style s'est forgé, comme un désir et une volonté de comprendre, d'embrasser et d'épouser la musique, se sont pleinement manifestés. »
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