CHAP-FRONT-01

Kurt Weill - Paul Hindemith - Erwin Schulhoff

Quatuors à cordes

(Réalisateur)

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Notice


Oeuvre

Erwin Schulhoff (1894-1942)
Quatuor à cordes n° 1 (1924)

Kurt Weill (1900-1950)
Quatuor à cordes (1923)

Paul Hindemith (1895-1963)
Quatuor à cordes n° 3, op. 22 (1923)

Interprètes

Quatuor Brandis
(Thomas Brandis & Peter Brem, violons - Wilfried Strehle, alto - Wolfgang Boettcher, violoncelle)

Renseignements

60:24 - DDD - Enregistré à la salle de concert de la Fondation Nimbus en octobre 1992 - Notes en français, anglais & allemand

Notes

Et si Erwin Schulhoff n'était pas mort en 1942 dans un camp de concentration, qu'aurait-il livré au monde ? Assurément, cet immense musicien, trop négligé aujourd'hui, aurait occupé une place au firmament des grands musiciens de son temps. Pour preuve ce premier quatuor, une oeuvre impertinente, insolente, expressionnisme et réalisme musical et pourtant tendrement lyrique, avec des parentés avec certaines tournures à la Prokofiev, teintée d'accents d'Europe Centrale, le tout dans une écriture profondément personnelle et aboutie qui laissait présager de très grandes choses.
    Weill, lui, cherchait encore son langage propre lorsqu'il composa son unique quatuor à cordes en 1923 ; à la fois expressionniste, à la Schreker, atonal à la Schönberg, néoclassique à la Busoni (son maître), mais déjà déclamatoire et sombrement chromatique à la Weill.
    Pour finir, le troisième quatuor de Hindemith. S'il s'agit ici de l'oeuvre d'un compositeur de 28 ans, on sent clairement qu'il était déjà en pleine possession de son idiome caractéristique, parfaitement confiant dans ses capacités. Un ouvrage donc extraordinairement moderne, abouti, avant-gardiste à son époque, pétri de l'héritage des polyphonies anciennes et de l'écriture concertante du 18e siècle.
    Ces trois quatuors, d'un langage très différent bien qu'écrits en Allemagne et dans la même période (1923 et 1924), sont fortement représentatifs des nouvelles tendances des années 20.