Notice
Oeuvre
Giuseppe Verdi (1813-1901)
La Traviata, mélodrame en trois actes (1853)
Livret de Francesco Maria Piave, d'après La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils
Première représentation au Théâtre de La Fenice à Venise le 6 mars 1853
Bonus : L'Elixir d'Amour de Donizetti *
"Udite, udite, o rustici" (Dulcamara & choeur)
"Ardir ? Ha forse il cielo" (Dulcamara & Nemorino)
-"Ecco il magico liquore" (Dulcamara & Nemorino)
"Come sen va contento !" & "Quanto amore !" (Dulcamara & Adina)
Interprètes
Rosanna Carteri, Violetta Valery - Cesare Valletti, Alfredo Germont - Leonard Warren, Giorgo Germont - Lydia Marimpietri, Flora Bervoix - Glauco Scarlini, Gastone, vicomte de Letorières - Leonardo Monreale, Marquis d'Obigny - Rina Alessandri Maccagnani, Annina - Arturo La Porta, baron Douphol - Dario Caselli, Docteur Grenvil - Salvatore di Tommaso, Giuseppe, serviteur de Violetta & un commissaire
Choeurs et Orchestre de l'Opéra de Rome
Direction Pierre Monteux (1875-1964)
* Cesare Valletti, ténor Alda Noni, soprano & Giuseppe Taddei, baryton - Rai de Milan, direction Mario Rossi
Renseignements
68:00 + 73:00 - ADD - Enregistré en " live" en juin 1956 à Rome et en * 1955 à la Rai de Milan - Notes en anglais (Sans le texte du livret d'opéra)
Notes
Rosanna Carteri pouvait-elle manquer d'être une belle Violetta, elle dont le lyrisme immanent donnait vie à des personnages d'une grande humanité ? Il faut l'écouter dans cette Traviata romaine de 1956 pour se laisser séduire et répondre par la négative. Un chant vibrant et un timbre au grain serré donnent à la courtisane une vie intense que le soin apporté à la diction ne font qu'accroître. Ce n'est pas ici le type vocal plus léger que l'on entend parfois, privilégiant le brillant du premier acte au reste de l'ouvrage. Carteri avec une voix plus corsée aborde "Sempre libera" avec franchise et, sans que l'effort paraisse, ne se laisse jamais dépasser par le brio de l'écriture, réellement désireuse d'être emportée par les tourbillons de la volupté et non par le miroitement des gammes ascendantes. Les deux actes suivants sont encore plus pour elle bien sûr. Touchante sans mièvrerie et surtout sans larmoiements, elle met toute la noblesse de son coeur dans son chant et son expression demeure juste tout au long de l'ouvrage. Le duo avec Giorgio Germont est, à cet égard, remarquable : on sent en elle une volonté et une force intérieure que mouillent les pleurs mais que rien ne fera faillir. Cette Violetta meurt comme elle a chanté, dans un frémissement. Le personnage habité par Carteri évoque une femme plus mure que celle dessinée souvent par d'autres. Est-ce là ce qui lui fait gagner en profondeur ? Ou tout simplement l'intelligence musicale ?
Monteux n'est pas pour rien dans la réussite d'ensemble. Vif et précis, il accompagne l'héroïne presque amoureusement, prenant soin de créer un climat dramatique sans devenir sombre ou pesant. L'orchestre de l'Opéra de Rome se montre étonnamment ductile pour l'occasion.
Enfin, que serait une Traviata sans un bon couple Germont ? Rôles ingrats que ceux du fils et du père. L'un est aussi autoritaire et obtus que l'autre est velléitaire et veule. Et tout ça pour finir un peu tardivement repentants aux pieds de Violetta. La gente masculine a été mieux illustrée à l'opéra. Heureusement, Cesare Valletti grâce à un chant racé donne du nerf et de la distinction à Alfredo et Leonard Warren sort Giorgio de l'ornière du bourgeois établi en lui conférant une noblesse vocale.
En complément, Valletti accompagné de Alda Noni (soprano italienne) et Giuseppe Taddei (baryton italien) chantent quelques extraits de l'Elisir d'amore à la Rai de Milan en 1955 : élégance du ténor et entrain du baryton pour une Adina à la voix bien légère.