Notice
Oeuvre
Francois Couperin (1668-1733)
Pieces de clavecin, Livre 2 (10e Ordre) : Les Bagatelles (Rondeau)
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Bagatelle en la mineur, WoO 59, "Für Elise" (Pour Elise)
Sept Bagatelles, op. 33
N° 3 en fa majeur - N° 4 en la majeur
Onze Bagatelles, op. 119
N° 9 en la mineur - N° 10 en la majeur - N° 5 en ut mineur
Camille Saint-Saens (1835-1921)
Six Bagatelles, op. 3
Suite I (N° 1 - N° 2 - N° 3)
Suite II (N° 3 - N° 4 - N° 5)
Anatol Liadov (1855-1914)
Bagatelle en ré bémol majeur, op. 30
Trois Bagatelles, op. 53
N° 1 en sol dièse mineur
N° 2 en sol majeur
N° 3 en la bémol majeur
Alexandre Tchérepnine (1899-1977)
Dix Bagatelles, op. 5
Edison Denisov (1929-1996)
Sept Bagatelles, op. 19
Franz Liszt (1811-1886)
Bagatelle sans tonalité, S216a/R60c (5e version de Méphisto-Valse)
Béla Bartók (1881-1945)
Quatorze Bagatelles, op. 6, Sz. 38
N° 14 Valse "Ma mie qui danse"
Interprètes
Julia Zilberquit, piano
Renseignements
77:13 - DDD - Enregistré en septembre 2001 à la Grande Salle du Conservatoire de Moscou - Notes en anglais
Notes
Bagatelle : petit rien..., de peu de prix, dans le langage courant mais, musicalement parlant, le mot ne signifie pas " petite musique " même s'il s'agit d'une pièce courte, de caractère vif et léger, mais plutôt une musique extraordinairement concentrée ; d'ailleurs, certaines des Bagatelles de Beethoven semblent des condensés de génie pur, concises comme un diamant, d'un haut niveau artistique ! La première mention du nom Bagatelle pour une oeuvre musicale est sans doute le Rondeau de Couperin, du second livre des Pièces de clavecin. La plus célèbre et rebattue d'entre elles, par contre, reste Für Elise (Pour Elise), traduit en français par Lettre à Elise.
Rarement entendues, voici les Six bagatelles, op. 3 de Saint-Saëns, encore sous l'influence de Schumann ou Liszt, mais le caractère spécifiquement français fait son apparition au détour de bien des pages...
Avec Liadov, Tcherepnine et Denisov, on tombe dans la grande rareté : si Liadov semble encore relié à Chopin, Tchérepnine nous offre quelques images de la Russie profonde, née de son folklore. Denisov, naturellement, appartient à une génération bien plus tardive, mais cela ne l'empêche pas de puiser aussi dans le fonds populaire russe dans une veine que n'auraient pas reniée Prokofiev ou Chostakovitch.
Suit une expérience assez épatante de Liszt en 1885 : une Bagatelle sans tonalité (découverte en 1956) qui aurait dû être une ultime Méphisto-Valse ! Si le vieux maître réussit aisément à gommer les équilibres tonaux (25 ans avant Schönberg !), il reste toutefois dans un monde d'accords " classiques " et c'est surtout l'errance des enchaînements (ainsi que les quintes diminuées du discours mélodique) qui donnent l'impression d'un jeune Scriabine.
Pour finir, une farce ironique de Bartók s'amuserait-il à copier Satie ? , Ma mie qui danse, bagatelle qui correspond tout à fait à la définition du genre.
Au piano, la jeune Julia Zilberquit issue de la célèbre école pour enfants surdoués, l'Institut Gnessin de Moscou qui remporta le Premier prix au Concours International de Vienne de 1994.