Notice
Oeuvre
Arnold Schönberg (1874-1951)
Six Lieder pour soprano & orchestre, op. 8 (1903/04)
Natur (Nature)
Das Wappenschild (L'écu)
Sehnsucht (Nostalgie)
Nie ward ich, Herrin, müd (Jamais je ne fus las, Maîtresse)
Voll jener Süsse (Plein de cette douceur)
Wenn Vöglein klagen (Quand les petits oiseaux se lamentent)
Friede auf Erden (Paix sur la terre) pour choeur a cappella, op. 13 (1907)
Six Pièces pour choeur d'hommes a cappella, op. 35 (1929/30)
Hemmung (Inhibition)
Das Gesetz (La loi)
Ausdrucksweise (Façon de s'exprimer)
Glück (Chance)
Landsknechte (Les lansquenets)
Verbundenheit (Solidarité)
Ei, du Lütte (Coucou, la p'tite louloute - 1895/96)
Kol Nidre pour récitant, choeur mixte & orchestre, op. 39
Moïse et Aaron (1932)
Extraits : Le Veau d'Or et l'autel (Acte II - Scène 3)
(Mesures 320-457 - Choeur des 70 vieillards / Les quatre jeunes filles - La danse)
Interprètes
Jennifer Welch-Babidge, soprano
David Wilson-Johnson, récitant rabbi
Simon Joly Chorale
Philharmonia Orchestra
Direction Robert Craft
Renseignements
78:31 - DDD - Enregistré au Studio 1 de Abbey Road à Londres en juin 2006, mai & septembre 2005 et novembre 2003 - Notes en anglais (sans les textes chantés)
Notes
Le Schönberg des oeuvres chorales est le moins connu : des pièces d' " avant " et d' " après " le tournant entre écriture tonale et atonale/sérielle. En 1903-1904, Arnold Schönberg écrivait encore une musique parfaitement tonale, même si les harmonies ne manquent pas de tension ou de déliquescence straussienne ! Ainsi donc les Six Lieder pour soprano et orchestre, op. 8 permettent-ils de voir, au même titre que la Nuit transfigurée ou les Gurrelieder¿ combien le compositeur a assimilé le langage chromatique de Wagner et du romantisme le plus tardif, avant de se lancer dans les explorations que l'on sait. Enfin... pas toujours ! Voilà un chef-d'oeuvre du niveau des Gurrelieder.
Les Six pièces pour choeur d'hommes a cappella, op. 35 de 1930 n'hésitent pas à tourner autour du pot tonal peut-être partait-il du principe qu'une musique entièrement atonale n'était pas réellement chantable par un choeur non accompagné et parfois même à y mettre les pieds comme Verbundenheit, construit sur des accords parfaits certes enchaînés d'une manière assez peu catholique ! Même Kol Nidre de 1938 préfère rester " sage " (presque), disons dans le style expressionniste d'un Berg ; si l'on cherche le Schönberg réellement atonal, il faut s'attarder sur les extraits de Moïse et Aaron sur lesquels s'achève le CD. Enfin, une petite cerise sur ce beau gâteau choral, Ei du Lütte, qui peut se traduire par " Coucou la p'tite louloute " (" lütt " en allemand du nord a la même racine que " little " en anglais).
Belles interprétations récentes par Robert Craft, le factotum de Stravinski de 1948 à 1971 : précision et fidélité au texte caractérisent ce chef.