Notice
Oeuvre
Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908)
Schéhérazade, suite symphonique Op. 35
Mlada, opéra-ballet féérique : Processions des nobles
Alexandre Scriabine (1872-1915)
Poème de l'extase pour orchestre, Op. 54 *
Interprètes
London Symphony Orchestra (John Georgiadis, violon solo)
* Orchestre Symphonique d'Etat de l'URSS
Direction Evgueni Svetlanov (1928-2002)
Renseignements
74:12 - ADD Stéréo - Enregistré à Londres au Royal Festival Hall le 21 février 1978 et *au Royal Albert Hall le 22 août 1968 - Notes en français, anglais, allemand
Notes
Cardiaques, s'abstenir. Entre les explosions diaboliques de Schéhérazade et l'infernale orgie psychopathique du Poème de l'extase, Svetlanov vous fait risquer l'infarctus. Sa vision du Rimski-Korsakov, à l'opposée de toute promenade proprette et aseptisée (car certains s'imaginent que Rimski est un peu un compositeur de salon), met l'orchestre à rude épreuve, exigeant de lui une présence de tous les moments - seul un Stokowski savait, dans ce genre de répertoire, électriser les musiciens et le public. Quant au Poème, il est ici rendu selon la toute-puissance complètement délirante de la partition. Avec son million de notes au centimètre-carré, Scriabine oblige quasi-sadiquement les instrumentistes à se laisser aller à tous les excès. Ces enregistrements démontrent à quel point Svetlanov - aussi légendaire que son compatriote Evgeni Mravinski - était un chef inspiré, et à quel point il avait une compréhension rare de la musique russe. En grand-prêtre du sabbat, Svetlanov est un véritable satyre. N'écoutez pas cela en voiture, c'est la catastrophe assurée pendant les dernières mesures : on vous chronomètrera à 340 km/h.