Notice
Oeuvre
Giacomo Puccini (1858-1924)
La Bohème, opéra en 4 actes (1895)
Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, d'après la nouvelle Scène de la vie de bohème de Henri Murger
Interprètes
Beniamino Gigli, ténor (Rodolfo) - Lucia Albanese, soprano (Mimi)
Afro Polli, baryton (Marcello) - Aristide Baracchi, baryton (Schaunard)
Duilio Baronti, basse (Colline) - Tatiana Menotti, soprano (Musette)
Carlo Scattola, basse (Benoit & Alcindoro) - Nello Palai, ténor (Parpignol)
Choeur & Orchestre de la Scala de Milan
Direction Umberto Berrettoni
Renseignements
51:00 - 50:35 - ADD - Enregistré à Milan en mai 1938 - Notes en français, anglais, allemand. Texte intégral en italien de l'opéra traduit dans les trois langues. Magnifique plaquette de 236 pages avec photos en couleur
Notes
Cette Bohème fut enregistrée quinze ans à peine après la mort de Puccini. Beniamino Gigli, lui, avait commencé à chanter le rôle de Rodolfo de La Bohème dès 1919 et presque tous les ans jusqu'en 1951 dans au moins une production par saison, et parfois jusqu'à dix productions différentes dans une seule saison, comme en 1946 ! : on peut donc estimer qu'en 1938, date du présent enregistrement, il l'avait déjà chanté des dizaines et des dizaines de fois, ce qui en dit long sur sa maîtrise absolue du rôle, de ses implications dramatiques et vocales. Et cela s'entend : Gigli (1890-1957) jouit d'une liberté parfaite, qui lui permet la souplesse nécessaire pour s'éloigner juste ce qu'il faut de la rigueur scolastique, sans tomber dans les excès trop souvent notés dans cet ouvrage. Il donne la réplique à la toute jeune Licia Albanese, qu'il avait sélectionnée lui-même. On se souvient que Albanese enregistrera ce même ouvrage avec Toscanini par la suite. Elle campe ici une tendre et douce Mimi, juvénile elle n'a que 25 ans mais elle chantait déjà à la Scala , et très convaincante.
Voilà une version dont la sincérité rend infiniment plus touchant l'ouvrage que lorsqu'il est considéré comme une tribune d'exhibition vocale pure : ce sont vraiment des personnages qui chantent là, et pas des ténors, des sopranos et des barytons.
Contrairement à ce que l'on pourrait redouter de la part d'un orchestre italien de cette époque, la fosse n'est pas une fosse à canards, mais bel et bien un excellent orchestre de la Scala qui, attisé peut-être par ce magnifique plateau, donne tout ce qu'il a. Considérant, d'autre part, que l'enregistrement date de 1938, on ne peut qu'être heureusement surpris de la qualité et de l'équilibre de la prise de son. C'est du studio, naturellement.
Beau livret complet, quadrilingue.