Notice
Oeuvre
Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)
Stabat Mater, pour soprano, alto, cordes et basse continue en fa mineur (Manuscrit des Menus Plaisirs du Roy)
Musique napolitaine pour la Fête de la Vierge des Sept Douleurs :
Stabat Mater, intonation - Tarentella (Anonyme, Naples) - Stabat Mater à 3 voix (Manuscrit de Monopoli, 18e s. en alternance avec le Manuscrit de Santoro, 1715) - Manuscrit d'Ostuni (1880), plain-chant
Francesco Durante (1684-1755)
Concerto à 4 pour cordes et basse continue n° 4 en mi mineur
Interprètes
Patrizia Bovi, soprano - Pino de Vittorio, ténor - Bernard Arrieta, basse
Les Pages & Les Chantres de la Chapelle
Le Poème Harmonique - Vincent Dumestre
Direction Olivier Schneebeli
Renseignements
59:50 - DDD - Enregistré en février 2000 à Paris - Notes en français et anglais, textes chantés donnés en italien, français, anglais. Avec un commentaire de Denis Grenier sur le tableau en couverture des albums de la collection "Ut pictura musica" (La musique est peinture, la peinture est musique)
Notes
Depuis ses premiers enregistrements, Alpha s'attache à la redécouverte d'œuvres rares ou méconnues, interprétées par de jeunes musiciens. Qu'il s'agisse de Castaldi, de Belli, ou d'un éclairage neuf porté sur les sonates pour violoncelle de Vivaldi, le désir d'éviter redites et ressassement est permanent. Lorsque la direction du Centre de Musique Baroque de Versailles m'a proposé d'enregistrer le
Stabat Mater de Pergolèse, la réponse a donc été : non. A quoi bon une version de plus, quand il s'agit d'une des œuvres anciennes les plus servies au disque, depuis des décennies ? L'écoute du travail de Olivier Schneebeli avec ses jeunes chanteurs transforma radicalement mon attitude. Beaucoup de sensibilité, une émotion directe et intense, une fragilité que seules les voix d'enfants savent exprimer. Bref, une approche du "tube" de Pergolèse à la fois forte et touchante. Restait à choisir l'environnement musical de cette pièce principale. Comment retrouver une écoute sans a priori, celle qui permettrait de comprendre pourquoi, tout au long du XVIIIe siècle, le
Stabat Mater de Pergolèse avait tant frappé les esprits des amateurs de musique mais aussi des musiciens ? Bach, excusez du peu, avait été suffisamment impressionné par cette œuvre pour se l'approprier et l'adapter au texte du
Psaume 51.
Comme souvent, la réponse s'est trouvée dans la simplicité : replacer le Stabat Mater dans son contexte napolitain. Le musicologue Dinko Fabris, spécialiste de cette musique, accepta avec enthousiasme de travailler sur le projet. Ses recherches aboutirent à un résultat au-delà de nos espérances : des processions pour le vendredi saint, chantées dans les rues de Naples par les confréries de musiciens sur les vers du Stabat Mater. Et une incroyable tarentelle chantant la Passion du Christ sur un rythme irrésistible ! Du coup la musique de Pergolèse change de perspective. Oubliées les roucoulades à l'eau de rose ; l'œuvre puise sa force dans les rues de Naples, dans une mise en scène de la Semaine Sainte, dans une italianité renforcée par l'emploi du théorbe et de l'archiluth dans le continuo. Qui, alors, peut résister à l'Amen final ?
Jean-Paul Combet (Alpha)