Notice
Oeuvre
Herbert Howells (1892-1983)
Sonates pour violon & piano
N° 1 en mi majeur, op. 18 (1917/19)
N° 2 en mi bémol majeur, op. 26 (1917)
N° 3 en mi mineur, op. 38 (1923)
Cradle Song, op. 9 n° 1 (1918)
Trois pièces, op. 28 (1917)
Pastorale, op. 28 n° 2 - Chosen Tune, op. 28 n° 3 - Luchinushka, op. 28 n° 4
Interprètes
Paul Barritt, violon
Catherine Edwards, piano
Renseignements
73:25 - DDD - Enregistré en mai 1993 - Notes en anglais
Notes
Howells ? Vous avez dit Howells ? Jamais entendu parler. Ce n'est pas en France que les musiciens et le public se fatiguent à faire connaissance avec les compositeurs exogènes qui n'ont pas acquis la gloire internationale. Alors que, par exemple, l'Angleterre est la championne de Reynaldo Hahn ou de tant d'autres musiciens français que l'on boude ici...
Howells est ce personnage hors-normes et inclassable de l'avant-Britten. Après une immense gamelle prise en 1925 avec son second concerto pour piano (pourtant créé par Malcolm Sargent et le Royal Philharmonic, mais apparemment sans la moindre conviction), il se renferma sur lui-même et ne composa pratiquement plus que pour choeur, un répertoire qui est encore très joué en Grande-Bretagne de nos jours. Mais toutes les oeuvres de ce disque datent d'avant la chute : 1917 à 23, le compositeur avait donc entre 25 et 30 ans.
Son langage entièrement personnel fait preuve d'un grand lyrisme avec ses phrases étirées et développées à l'extrême, une caractéristique qui n'est pas sans évoquer Fauré (l'analogie s'arrête là) alors que l'incessante mobilité harmonique tiendrait plutôt de Reynaldo Hahn évoqué plus haut. Certains critiques auraient émis l'opinion selon laquelle la musique de Howells était un cul-de-sac : plein de riches idées, ne menant nulle part. C'est parfaitement injustifié ; l'auditeur qui possède une oreille avertie devra accorder un minimum d'attention à l'étonnant parcours thématique et harmonique du compositeur pour en goûter pleinement la complexité qui se cache sous une apparente aisance.