Notice
Oeuvre
Anton Dvořák (1841-1904)
Concerto pour violoncelle & orchestre en si mineur, op. 104 *
Edward Elgar (1857-1934)
Concerto pour violoncelle & orchestre en mi mineur, op. 85 **
Interprètes
André Navarra, violoncelle
*Hallé Orchestra, direction John Barbirolli (1899-1970)
**National Symphony Orchestra, direction Rudolf Schwarz (1905-1994)
Renseignements
64:54 - ADD Mono - Enregistré *les 21 et 22 mai 1957 au Free Trade Hall de Manchester et les **18 et 19 octobre 1954 au Kingsway Hall de Londres - Notes en français, anglais, allemand
Notes
Physique de boxeur — dans sa jeunesse, il hésita entre les gants et le violoncelle — fumeur impénitent, Navarra faisait parti du clan des trois mousquetaires avec Fournier et Tortelier, à la haute époque du violoncelle français. Ni la boxe, ni les cigarettes, ni la mousquetterie n'affectèrent le jeu infiniment subtil et sobre de Navarra, qui privilégia toujours le phrasé et le chant plutôt que l'esbrouffe et la virtuosité stérile : il en résulte une lecture aérienne, ample et élégante de ces deux monuments du répertoire. Il faut dire que la direction de Barbirolli pour Elgar est un écrin idéal pour le soliste ; celle de Schwarz pour Dvorak, particulièrement sobre et limpide, permet à Navarra de développer un son viril et éloquent, mais jamais brutal." Au milieu des années 1950, le violoncelliste André Navarra enregistrait ces deux piliers du répertoire concertant. Dix ans avant que Jacqueline Dupré ne s'approprie le Concerto d'Elgar et que Mstislav Rostropovich n'en fasse autant avec celui de Dvorak. Sans remettre en question les interprétations de la Britannique et du Russe, on pourra préférer la distanciation, l'élégance, la perfection, la noblesse sans emphase, le dialogue chambriste que le Français tisse avec Barbirolli et Schwarz. Ces deux interprétations méconnues rappellent la place prééminente d'André Navarra au royaume des violoncellistes de la seconde moitié du XXIe siècle. Une place que Mstislav Rostropovitch lui-même ne cesse de rappeler et qu'on avait un peu trop oubliée ici. Les prises de son réalisées en monophonie soulignent que l'amélioration des techniques est moins importante que le talent des preneurs de son sur le résultat final. "
Alain Lompech - Le Monde du 24/02/01