Notice
Oeuvre
Claude Debussy (1862-1918)
Jeu (Poème dansé)
Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
Symphonie n° 4 en la majeur, op. 90 " Italienne "
Darius Milhaud (1892-1974)
Suite française, op. 248-B
Interprètes
Orchestre Philharmonique de Berlin (fondé en 1882)
Direction Sergiu Celibidache (1912-1996 / Chef permanent : 1946-1952)
Renseignements
62:06 - ADD mono - Enregistré à Berlin les 20 mars 1948, 20 janvier 1950 & 31 mars 1951. Co-production avec la RBB (Radio Berlin Brandenburg) - Notes en anglais & allemand
Notes
Lorsqu'un crétin de policier militaire américain abattit le chef Leo Borchard le 25 août 1945 à un poste de contrôle berlinois ce pauvre Borchard n'aura été Chef principal du Philharmonique de Berlin que deux mois ! , il ne savait pas qu'il écrivait une grande page de l'histoire de la musique occidentale. Car celui qu'on appela en toute hâte pour remplacer Borchard n'était autre que l'inconnu Sergiu Celibidache, Roumain, entièrement lavé de tout soupçon nazique (ce qui lui donnait le droit de travailler dans les quatre secteurs de la ville), 33 ans. Certes, des années d'amour et de haine réciproques entre chef et orchestre, mais des concerts déjà inoubliables et extraordinaires. Véritable tête brûlée de la musique, autant batailleur verbal qu'unificateur musical, il sut rapidement imprimer à l'orchestre une vision radicalement différente de ce qu'avaient fait ses prédécesseurs, y compris Furtwängler pour lequel il professait pourtant une grande vénération.
A ceux qui estiment que ses tempi étaient trop lents à la fin de sa vie, on suggérera d'écouter ce phénoménal Jeux et sa magnifique interprétation de l'Italienne de Mendelssohn : toute sa philosophie de transparence et d'unification y est déjà énoncée, et sa direction scintillante et aveuglante de lumière est déjà empreinte de sa profonde musicalité. A la place des célèbres " tüüüü tûûû " qu'il proférait en concert les dernières décennies de sa vie, on aura droit parfois à son discret battement de pied sur le podium ! Lorsque Furtwängler fut enfin dénazifié tout beau tout propre, Celibidache fut remercié et après la mort du vieux maestro, l'orchestre se décida pour Karajan. Celibidache, mortifié, se promit de ne plus jamais mettre les pieds devant l'orchestre (bien qu'il lui est arrivé de le voir en concert), jusqu'à ce que le Président de la République Von Weizäcker le persuade finalement, en 1992, d'y retourner la baguette en mai. Ce fut fait, avec naturellement une symphonie de Bruckner. Cher lecteur, si tu ne dois prendre qu'un seul CD de cette série berlinoise...