Résumé de "Integrale Des Enregistrements"
Encore un " prodige ". Michael Zadora (1882 - 1946) fit ses débuts à l'âge de huit ans lors d'un concert dans sa ville natale de New York ; peu après, il entra au Conservatoire de Paris puis à celui de Vienne (avec le célèbre Leschetizky) puis à celui de Berlin, avant de devenir professeur à l'Académie de Lvov (alors encore Lemberg) en 1911 puis à Berlin en 1913. L'époque devenant alors un peu menaçante, il retourna à New York pour y enseigner à l'Institut d'Art Musical, l'ancêtre de la Juilliard. La guerre terminée
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, Zadora retourna à Berlin - décidément, il aimait se promener - en tant que pédagogue autant que concertiste ; c'est là qu'il rencontra Busoni, en l'honneur duquel il donna en 23 un récital exclusivement réservé à ses oeuvres. Busoni à qui Zadora joua même un Mendelssohn sur son lit de mort - celui de Busoni, s'entend.
De concert en concert, il sillonna plus ou moins toute la planète, de la Russie à la Scandinavie aux Etats-Unis, ainsi qu'à travers l'Europe. Ses programmes comportaient le répertoire romantique, naturellement, mais également Beethoven (banal, me direz-vous), Debussy et Bartók (haaaa, c'est déjà moins banal, à cette époque). Mais il semble qu'en concert, sa nervosité prenait souvent le dessus de sorte qu'il jouait parfois, à en croire les chroniqueurs de l'époque, bien trop rapidement ou, au contraire, trop librement. Mais en studio, Zadora était un autre pianiste : confiant en lui-même, relaxé, il savait donner le meilleur de lui-même, dans un goût d'une rare assurance, avec charme et aisance.
Le premier CD rassemble les enregistrements acoustiques, dont personne n'ira vous dire qu'ils sont parfaits, en termes sonores : ça crachouille un peu, ce qui est normal pour des prises de son réalisées avec un grand cornet et un système qui gravait directement sur la matrice. Le second CD propose les enregistrements électriques, donc réalisés à l'aide d'un microphone : sonorité beaucoup plus propre. Dans les deux genres, toutefois, l'auditeur découvrira la finesse de jeu de Zadora, sa technique perlée d'une extraordinaire limpidité, et sa maîtrise d'une très large palette de couleurs.
PS : dans la " Sonatine n°6 ", l'auditeur reconnaîtra sans doute les accents de Carmen de Bizet ; en réalité, l'oeuvre s'appelle Kammer-Fantasie über Carmen, à savoir Fantaisie de chambre d'après Carmen.