Notice
Oeuvre
Marc-Antoine Charpentier
Méditations pour le Carême
Première méditation " Desolatione desolata est terra " H.380
Deuxième méditation " Sicut pullus hirundinis " H.381
Troisième méditation " Tristis est anima mea " H.382
Quatrième méditation " Ecce Judas " H.383
Cinquième méditation " Cum cenasset Jesus " H.384
Sixième méditation " Quarebat Pilatus dimittere Jesum " H.385
Septième méditation " Tenebræ factæ sunt " H.386
Huitième méditation " Stabat mater " H.387
Neuvième méditation " Sola vivebat in antris " H.388
Dixième méditation " Tentavit Deus Abraham " H.389
Nicolas de Grigny
"Pange lingua" plein jeu en taille à 4
Marc-Antoine Charpentier
"O Dulce, o ineffabile convivium", H. 270
Nicolas de Grigny
"Pange lingua" fugue à 5
Gabriel Charpentier
Elévation "Verbum caro, panem verum", H. 267
Nicolas de Grigny
"Pange lingua", récit du chant de l'hymne précédent
Marc-Antoine Charpentier
Elévation "O Amor, o bonitas", H. 253
Nicolas Lebègue
Elévation pour la voix humaine
Marc-Antoine Charpentier
Prose pour le jour de Pâques, H. 13
Interprètes
Ensemble Pierre Robert
(Marcel Beekman, haute-contre - Robert Getchell, taille - Robbert Muuse, basse-taille - Florence Bolton, viole de gambe - Benjamin Perrot, théorbe - Alexandre Salles, basson)
Direction & orgue Frédéric Desenclos
Renseignements
60:10 - DDD - Enregistré en l'église Saint-Louis du Prytanée national militaire de La Flèche en août 2005 - Notes en français & anglais et textes chantés donnés en latin avec traduction dans les deux langues. Avec un commentaire de Denis Grenier sur le tableau en couverture des albums de la collection "Ut pictura musica" (La musique est peinture, la peinture est musique)
Notes
Pendant la période de carême, les fidèles se pressaient dans les églises pour écouter les grands prédicateurs du temps. Entre les différentes parties du sermon, l'orateur ménageait des " pauses " durant lesquelles pouvaient prendre place des petits motets. Telle fut probablement la destination des Méditations pour le Carême de Charpentier, tenues pour excellentes par Sébastien de Brossard.
Les dix pièces qui les composent forment une sorte de scénographie de la Passion du Christ. S y trouvent mêlés des textes liturgiques (Stabat mater), des sources bibliques, et des textes librement composés comme le "Sola vivebat". Chaque Méditation se présente comme un tableau, une petite scène dramatique faisant apparaître les principaux protagonistes de la Passion : I. La désolation du monde - II. Prière du pécheur - III. Jésus annonce sa mort prochaine - IV. La trahison de Judas - V. Le reniement de St Pierre - VI. Jésus devant Pilate - VII. Mort de Jésus sur la Croix - VIII. Lamentation de la Vierge - IX. Lamentation de Marie Madeleine - X. Le sacrifice d'Abraham. Cette dernière pièce semble extérieure à l'histoire de la Passion ; concluant le cycle, il faut l'entendre comme une parabole de l'agneau innocent que l'on immole.Des personnages interviennent comme dans les Histoires Sacrées (Jésus, Pilatus...), genre étroitement apparenté aux Méditations.
Comme il se doit en pareil temps de pénitence, l'écriture frappe ici par sa sobriété : seulement trois voix d'hommes et une basse continue, brièveté de chaque pièce et primauté de la déclamation. Pourtant, dans les dernières mesures des 2e 5e et 7e Méditations, quels accents déchirants, quelle harmonie tourmentée, nous plongeant dans une émotion incandescente ! Musique du regard autant que de l'oreille, ces Méditations pour le Carême de Charpentier font songer aux scènes-miniatures de certains vitraux qui, comme elles, sont là pour aider le fidèle à se recueillir et à méditer.
Les Méditations sont suivies de trois motets pour l'élévation (Jeudi Saint), puis, dans une continuité liturgique, de la Prose pour le jour de Pâques dont l'atmosphère est naturellement plus jubilatoire, ce qui donne à cet enregistrement un réel équilibre artistique.
Comme c'est souvent le cas dans les enregistrements de l'ensemble Pierre Robert, le programme fait alterner pièces vocales et pièces pour orgue seul (les trois versets du Pange lingua de Nicolas de Grigny et une élévation de Nicolas Lebègue). C'est la première fois que l'Ensemble enregistre le bel orgue de la Chapelle St-Louis du Prytanée militaire de La Flèche.