CHAP-FRONT-02

Pièces du mémorable procès esmeu l'an MDCVI entre le pape Paul V et les Seigneurs de Venise. Touchant l'excommunication du pape publiée contre iceux Vénitiens. Recueillies et fidèlement traduites de Latin et d'Italien en François, sur les exemplaires imprimez à Rome et à Venise.

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  • [2510-464]

    ÉDITION ORIGINALE de la traduction française. Au sujet de ce livre rare voyez Deschamps-Brunet. Dict. geogr. 1352 : "St. Vincent est un lieu d'impression supposé, tout comme le nom de l'imprimeur. Le livre a sans doute été imprimé à Venise même, tout comme l'édition en latin, parue la même année à l'adresse : Villa Sanvincentiana, apud Paul Marcellum, Sumptibus Caldorianae societatis. Nouvellement nommé pape en 1605 sous le nom de Paul V, Camille Borghese entra en conflit avec les Vénitiens. Voulant soumettre toutes les affaires et les puissances séculières à l'autorité du St Siège, il commença à essayer son système de domination contre la République de Venise. Le sénat avait fait publier depuis peu, deux décrets, dont l'un défendait l'établissement de monastères nouveaux sans permission, et l'autre prohibant les dons d'immeubles aux ecclésiastiques, sans son consentement. En même temps, un chanoine de Vicence, Scipion Sanazin et le Comte Brandolini Valde-Marino, abbé de Nerveze, venait d'être arrêtés pour des attentats aux moeurs. Le pape vit dans ces différents actes une double insulte à son autorité. Il expédia deux brefs pour forcer les Vénitiens de révoquer leurs décrets et de lui remettre les deux prisonniers. Gênes venait de plier dans une circonstance semblable. Venise résista et fit représenter au pape que les lois de la République, toujours respectées par Rome, ne permettaient pas l'introduction de nouvelles communautés malgré elle, et qu'elles interdisaient l'aliénation des biens laïcs en faveur du clergé. Venise refusa aussi de rendre les deux prisonniers qui ne relevaient que de la justice vénitienne. Paul V, impétueux, menaça la République d'un interdit absolu si dans 24 jours on n'obéissait pas à ses bulles. Les Vénitiens passèrent outre. Les Jésuites voulurent se soumettre et furent chassés de Venise. Des écrits incendiaires vinrent animer la querelle. Le jurisconsulte Leschassier consulté dans l'affaire prit partie pour Venise en s'appuyant sur les anciens canons. Embarrassé, le pape s'adresse à d'Alincourt ambassadeur de France et ce fut le roi Henri IV qui fit cet accomodement : le Card. de Joyeuse y mit la dernière main. Ce Cardinal annonça au Sénat vénitien que les censures étaient levées et que le Doge remettrait la protestation contre la bulle. Les deux prisonniers furent remis entre les mains de l'Ambassadeur français, Venise rappela les religieux exilés, excepté les jésuites. Le pape, plutôt que de tout perdre, préféra ensuite céder quelques points. Mouillure sur les 2 premiers cahiers, reliure abîmée aux 2 coiffes.