Résumé de "Aventures de Huckleberry Finn"
Les Aventures de Huckleberry Finn ont récemment été classées par le magazine Time, au terme d'une enquête menée auprès de 125 auteurs anglo-saxons, parmi les 5 romans les plus importants de l'histoire (aux côtés de Tolstoï, Flaubert, Nabokov).
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Dès la première phrase, Huck Finn - le roman, le personnage - se démarquent de leur prédécesseur Tom Sawyer : " Vous savez rien de moi si vous n'avez pas lu un livre qui s'appelle Les Aventures de Tom Sawyer, mais ça n'a pas d'importance. Ce livre, c'est M. Mark Twain qui l'a fait, et il a dit la vérité vraie, en grande partie. "
Suivent 450 pages d'une langue inouïe, concrète, imagée, percutante et drôle, faite de plusieurs langages - celui propre au personnage et ceux des autres protagonistes, notamment de Jim, l'esclave noir, ou du père de Huck sous l'emprise de l'alcool, dans l'un des innombrables morceaux de bravoure du roman.
LA NOUVELLE TRADUCTION
Huckleberry Finn, plus encore que Tom Sawyer, n'a jamais bénéficié en français d'une traduction qui rende justice à l'original.
La version intégrale qu'en offre aujourd'hui le grand traducteur Bernard Hoepffner constituera pour les lecteurs français une absolue découverte.
Biographie de l'auteur
Mark Twain (1835-1910) est considéré comme l'un des auteurs les plus importants de l'histoire littéraire américaine. Pionnier d'une écriture " spontanée " - il a introduit le langage parlé dans l'écrit.
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Les deux romans qui l'ont rendu célèbre - Les Aventures de Tom Sawyer (1876) puis Les Aventures de Huckleberry Finn (1884) - ont exercé une influence considérable ainsi résumée par Hemingway : " Toute la littérature moderne américaine est issue d'un livre de Mark Twain, Huckleberry Finn. Avant, il n'y avait rien. Depuis, on n'a rien fait d'aussi bien. "
Extraits
Vous savez rien de moi si vous avez pas lu un livre qui s'appelle Les Aventures de Tom Sawyer, mais ça mange pas de pain. Ce livre, c'est Mr Mark Twain qui l'a fait, et il a dit la vérité vraie, en grande partie. Certaines choses, il les a exagérées, mais en grande partie il a dit la vérité. Ça fait rien. J'ai jamais connu quelqu'un qu'a pas menti une fois ou une autre, sauf tante Polly, ou la veuve, ou peut-être Mary. Tante Polly elle, c'est la tante Polly de Tom et Mary, et la veuve Douglas, on en parle dans ce livre, qui dans l'ensemble reflète la vérité; avec quelques exagérations, comme je l'ai dit tout à l'heure.
Donc, voici comment le livre finit : Tom et moi, on a trouvé l'argent que les voleurs avaient caché dans la grotte, et on est devenus riches. On avait six mille dollars chacun en or. Ça faisait un sacré tas d'argent quand on l'a empilé. Eh bien, le juge Thatcher, il l'a pris et l'a investi à intérêt, et ça nous rapportait un dollar par jour chacun, toute l'année et personne, il saurait quoi faire de tout ça. La veuve Douglas, elle m'a pris chez elle comme son fils et elle se disait qu'elle allait me siviliser; mais c'était plutôt dur de vivre dans la maison tout le temps, vu que la veuve avait une manière de vivre horriblement régulière et convenable; et donc, quand j'en ai eu pour mon compte, je me suis tiré. J'ai remis mes vieux haillons, et j'ai retrouvé ma barrique de sucre, et j'étais de nouveau libre et satisfait. Mais Tom Sawyer, il est parti me chercher et il a dit qu'il allait former une bande de voleurs, et que je pourrais en faire partie si j'acceptais de retourner chez la veuve et d'être respectable. Alors j'y suis retourné.
La veuve a pleuré en me voyant, et a dit que j'étais un pauvre agneau perdu, et elle m'a aussi donné plein d'autres noms, mais sans aucune mauvaise intention. Elle m'a fait enfiler de nouveau tous ces habits neufs, et j'arrêtais pas de transpirer et transpirer, et puis je me sentais tout à l'étroit. Eh bien, alors, la vieille routine s'est remise en marche. La veuve faisait sonner la cloche pour le souper, et il fallait être là à temps. Quand on se mettait à table, on pouvait pas commencer tout de suite à manger, il fallait attendre que la veuve pique un peu du menton vers le bas et marmonne un peu par-dessus les victailles, et pourtant il y avait rien vraiment à redire là-dessus. C'est-à-dire, rien sinon que chaque chose était cuite séparément. Dans une marmite de restes, c'est pas pareil; les choses se mélangent, et le jus passe des unes aux autres, et le tout est bien meilleur.
Après le souper elle a sorti son livre et m'a appris des choses sur Moïse et les Roseaux; et j'étais impatient de tout savoir sur lui; mais au bout d'un moment elle a lâché que Moïse était mort depuis vraiment très longtemps; alors je me suis plus intéressé à lui; pasque je me fiche pas mal des morts.
J'ai pas tardé à vouloir fumer, et j'ai demandé à la veuve de m'y autoriser. Mais elle voulait pas. Elle a dit que c'était une mauvaise habitude et que c'était malpropre, et que je devais essayer de plus le faire. C'est comme ça avec certaines personnes. Elles critiquent quelque chose alors qu'elles en savent rien du tout. Elle était là à s'inquiéter de Moïse, qu'était pas de sa famille ni d'aucune utilité pour qui que ce soit, puisqu'il avait disparu, vous comprenez, et pourtant elle trouvait plein à me critiquer pasque je faisais quelque chose qui était plutôt agréable. Et elle prisait aussi; naturellement, ça, on pouvait le faire, puisque elle-même le faisait.
Sa soeur, Miss Watson, une vieille fille plutôt maigre, avec des lunettes sur le nez, venait d'arriver pour vivre avec elle, et il a fallu qu'elle m'embête avec un livre d'orthographe. Elle m'a mis à l'ouvrage, pas trop dur, pendant environ une heure, et puis la veuve l'a un peu calmée. J'aurais pas pu en supporter plus. Et ensuite, pendant une heure, ça a été ennuyeux à mourir, et j'arrêtais pas de gigoter. Miss Watson disait, " Ne mets pas tes pieds là, Huckleberry "; et " Ne te recroqueville pas comme ça, Huckleberry tiens-toi droit "; et pas bien longtemps après, voilà qu'elle disait, " Ne bâille pas comme ça, ne t'étire pas, Huckleberry pourquoi n'essayes-tu pas de bien te tenir? " Ensuite elle m'a tout expliqué sur le mauvais endroit, et j'ai dit que j'aurais bien aimé y être. Elle est devenue folle, alors, mais je pensais pas à mal. Tout ce que je voulais, c'était aller quelque part; tout ce que je voulais c'était faire quelque chose, n'importe quoi. Elle m'a dit que c'était mal de dire ce que j'avais dit; a dit qu'elle-même ne le dirait pas pour tout l'or du monde; elle, elle allait vivre de sorte qu'elle puisse aller au bon endroit. Eh bien, je voyais pas l'avantage d'aller là où elle irait, et j'ai décidé alors que c'était pas la peine d'essayer. Mais je l'ai jamais dit, pasque ça aurait créé plein de problèmes, et que ça m'aurait rien rapporté.