Résumé de "Un zoo en hiver"
Kyôto, 1966. Le jeune Hamaguchi, employé d'une société de textile en gros, n'a pas la fibre de la plupart des gens de son âge. Plutôt que de fréquenter les clubs de sport, il préfère assouvir sa passion du dessin en allant croquer sur le vif les animaux du zoo de la ville. Mais même ce dérivatif ne suffit pas à combattre l'ennui qu'il ressent. Dès l'année suivante, sollicité par un ami de lycée, Hamaguchi part pour la capitale, Tôkyô. C'est là, un peu par hasard, que sa route croise celle d'une communauté professionnelle
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un peu particulière: celle des auteurs de bande dessinée, les mangakas.
Pour la première fois, Jirô Taniguchi opte pour un registre explicitement autobiographique, convoquant ses souvenirs de jeunesse et son parcours d'auteur. Un beau récit d'apprentissage en bande dessinée, où l'on retrouve la finesse et l'élégance qui ont fait le succès du maître japonais auprès des lecteurs de langue française.
Devenir mangaka
Jirô Taniguchi est bien connu des lecteurs français. On ne le présentera pas. Un zoo en hiver lève le voile sur la formation d'un jeune homme entré, d'abord par passion du dessin, chez un fabricant de tissu de Kyoto, puis qui, déçu de ne pouvoir s'y épanouir dans la création de motifs se rend à Tokyo. Là, le jeune Hamaguchi découvre la vie dans la capitale, les premières cuites, les premiers chagrins d'amour. Mais ce que découvre Hamaguchi, c'est surtout la réalité au quotidien du travail dans un atelier où se réalise une série de manga : le travail d'équipe, l'urgence pour boucler comme un journaliste, la répartition des tâches, les rêves déchus aussi de ceux qui se voyaient publiés dans un magazine à grand tirage et qui resteront assistants anonymes toute leur carrière. Bien que surchargé de travail, Hamaguchi se lance à son tour dans la réalisation d'un manga qu'il va soumettre à une maison d'édition. Poursuivant ses souvenirs de jeunesse, après Journal de mon père et Quartier lointain, Taniguchi nous offre une oeuvre peut-être moins intimiste que d'habitude mais toujours servie par son incroyable capacité à créer en quelques planches une ambiance, une atmosphère qui nous transporte dans son univers mental comme si l'on voyait en direct dans les souvenirs de l'auteur. Ce parcours de forçat, ce travail à la chaîne dans les ateliers de manga, qui en conduisit plus d'un à la dépression ou même à la mort par excès de travail, (karôshi) est dépeint sans concession, et c'est ce témoignage, entre autres choses qui fait la valeur de l'oeuvre. Les lecteurs qui suivent de près Taniguchi liront avec plaisir Un zoo en hiver et sortiront de cette lecture, comme toujours un peu nostalgiques, mais plus heureux.
Stéphane Gillot de la librairie de CANNES