MURRAY ROTHBARD
Économistes et charlatans.
Traduit par
François Guillaumat.
Préface de Friedrich Hayek, Prix Nobel d'économie.
L 'homme n ' est pas
une machine: il pense, et les économistes aussi le savent. Pourtant leur idéal
semble être de le traiter comme s'il en était une. La science expérimentale
excite leur envie, ils ne rêvent que de singer ses méthodes: fourrer l'action
personnelle et ses produits dans des équations, faire de l' économie une usine
automatique. . .
Il est vrai que les
économistes sont surtout payés pour prévoir et pour contrôler, et que cet
exercice repose sur ce que 1 'homme a de plus constant et de plus routinier.
Mais une souris mécanique ne peut même pas faire illusion à un chat. Tout le
monde voit que l'économétrie est une casserole trouée, et que l' économie
mathématique est incapable de rendre compte d 'un seul acte productif, a
fortiori des règles de droit.
L 'économiste
contemporain croit que l'économie décrit des fonctions entre des variables. n
ne sait la voir comme un processus d'interaction entre des cerveaux; raisonner
sur la création et la transmission d'informations; traiter de la pensée, de la
volonté et de la causalité.
Il ne sait pas, mais il
dit comme s'il savait. Et c'est là que l'économiste devient charlatan.
Ce qui a un sens, il le réduit à des symboles qui n'en ont pas; ce qui est
de l'ordre de la pensée, il le remplace par un simulacre de mesure. D'une
discipline conceptuelle, qui fonde sa logique sur l'expérience pratique, il fait
une pseudo-science, pseudo-rationnelle et pseudo-expérimentale. Quant à ce que
chacun doit choisir, et qui appartient en propre à la philosophie morale, il
fait mine de le tirer de sa caricature- déterministe! - d'une science par
ailleurs en soi incapable de le dire.
La "science
économique" contemporaine est borgne, et ses tenants sont sur une voie de
garage. Dans Economistes et charlatans, Murray Rothbard explique en
quoi, pourquoi, et ce qui en résulte. Il nous fournit aussi la clé pour en sortir.