Résumé de "Le complexe d'Orphée ; la gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès"
Semblable au pauvre Orphée, le nouvel Adam libéral est condamné à gravir le sentier escarpé du "Progrès" sans jamais pouvoir s'autoriser le moindre regard en arrière.
Voudrait-il enfreindre ce tabou - "c'était mieux avant" - qu'il se verrait automatiquement relégué au rang de Beauf, d'extrémiste, de réactionnaire, tant les valeurs des gens ordinaires sont condamnées à n'être plus que l'expression d'un impardonnable "populisme".
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C'est que Gauche et Droite ont rallié le mythe originel de la pensée capitaliste : cette anthropologie noire qui fait de l'homme un égoïste par nature.
La première tient tout jugement moral pour une discrimination potentielle, la seconde pour l'expression d'une préférence strictement privée.
Fort de cette impossible limite, le capitalisme prospère, faisant spectacle des critiques censées le remettre en cause.
Comment s'est opérée cette, double césure morale et politique ? Comment la gauche a-t-elle abandonné l'ambition d'une société décente qui était celle des premiers socialistes ? En un mot, comment le loup libéral est-il entré dans la bergerie socialiste ? Voici quelques-unes des questions qu'explore Jean-Claude Michéa dans cet essai scintillant, nourri d'histoire, d'anthropologie et de philosophie.
Critiques presse
Une critique rafraîchissante de la religion du progrès telle qu'elle est prônée par la gauche bien-pensante.(Marc Riglet - Lire,24/10/2011)
Le progrès à tout prix ? Dans ce nouvel ouvrage de Michéa conduit sous forme de questions/réponses et sous-titré "La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès", il est encore question de critique du libéralisme et une fois de plus, tout le corps politique et médiatique français sans exception en prend pour son grade ! Avec la liberté de ton qu'on lui connaît, l'auteur de "Impasse Adam Smith" dissèque rigoureusement les ressorts politiques autant que psychologiques qui ont conduit les grands partis de gauche français, ainsi que toute l'intelligentsia, à tourner le dos au peuple réel au profit des mirages d'une modernité parée de toutes les vertus. A l'appui de sa thèse, il convoque les événements clés de notre histoire autant que les grands penseurs classiques ou contemporains de la philosophie politique, de Platon à Christopher Lasch en passant par l'oeuvre militante de George Orwell, dont l'auteur est un des grands spécialistes. Précis, méthodique, implacable et férocement caustique, cet essai jouissif est une preuve supplémentaire du talent polémique de Jean-Claude Michéa et une pièce de plus versée au dossier à charge du mouvement libéral et de ses (faux) prophètes. A lire d'urgence pour ne pas se faire berner en 2012 !
Alexis Martin de la librairie de CANNES