Résumé de "Du domaine des Murmures"
En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire " oui " : elle veut faire respecter son voeu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
... Lire la suite
Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.
" Je suis l'ombre qui cause.
Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister.
Je suis la vierge des Murmures.
A toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées. [...] J'ai tenté d'acquérir la force spirituelle, j'ai rêvé de ne plus être qu'une prière et d'observer mon temps à travers un judas, ouverture grillée par où l'on m'a passé ma pitance durant des années. Cette bouche de pierre est devenue la mienne, mon unique orifice. C'est grâce à elle que j'ai pu parler enfin, murmurer à l'oreille des hommes et les pousser à faire ce que jamais mes lèvres n'auraient pu obtenir, même dans le plus doux des baisers. [...] Entre dans l'eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t'entraîner par des sentes et des goulets qu'aucun vivant n'a encore empruntés. Je veux dire à m'en couper le souffle.
Ecoute ! "
Critiques presse
A ceux que fascinent le merveilleux médiéval, les histoires de fantômes et de saintes, les légendes amoureuses et les folies d'insensés chevaliers, ce roman sera enchantement.(Fabienne Pascaud - Télérama,07/09/2011)\\Carole Martinez est une conteuse merveilleuse, plus encore, une charmeuse au sens originel de ce mot.(Astrid De Larminat - Le figaro littéraire,01/01/2070)\\Un terrible conte, obsédant de songes et de signes. Carole Martinez sait trouver les mots qui approchent au plus près les élans silencieux, la fragilité et le pouvoir des femmes.(Xavier Houssin - Marianne,01/01/2070)\\Les lecteurs qui ont fait le succès du coeur cousu, son premier roman, reconnaîtront son écriture teintée de réalisme magique.(Anne Crignon - Le Nouvel Observateur,01/01/2070)\\L'auteur réussit la gageure d'écrire un roman haletant et immobile : un pari audacieux porté par un phrasé poétique.(Christine Ferniot - Lire,18/09/2011)\\L'auteur réussit la gageure d'écrire un roman haletant et immobile : un pari audacieux porté par un phrasé poétique.(Christine Ferniot - Lire,18/09/2011)
Prisonnière de ses voeux
Avec Carole Martinez, on entre sans retenue dans un univers médiéval sans fioritures : sale, rustre, violent et en même temps très mystique.
Une écriture superbe. Prix Goncourt des Lycéens, à préférer à son aîné.
Léa Muller de la librairie de CHALONS-EN-CHAMPAGNE
Nous sommes au Moyen Âge. Esclarmonde est une belle jeune femme privilégiée qui vit avec son père sur le magnifique "Domaine des Murmures". Sa vie bascule lorsqu'elle refuse d'épouser l'homme qui son père lui destine et qu'elle décide de se faire emmurer vivante afin de se consacrer à Dieu. Paradoxalement, c'est dans l'enfermement que cette femme va trouver la liberté et vivre pleinement sa vie de femme, de mère et de presque sainte. Malgré l'époque à laquelle il se déroule, ce roman est d'une grande modernité, il nous amène à réfléchir sur nos choix ainsi que sur les concessions à faire lorsqu'on veut être pleinement libres. Le prix Goncourt des Lycéens qu'il a obtenu en 2011 est entièrement mérité.
Gaëlle Lalande de la librairie de DIJON
Après le très remarqué "Le coeur cousu", l'auteur nous enchante à nouveau avec ce magnifique et envoûtant portrait de femme devenue légende.
Géraldine de la librairie de NANCY
Au XIIème siècle, la fille du seigneur des Murmures choisit la vie de recluse à celle d'épouse d'un mariage arrangé. Sa cellule devient son refuge mais pourra-t-elle la protéger indéfiniment de la folie des hommes...?
Marie Baratin de la librairie de ORLEANS
En 1187, Esclarmonde refuse un brillant mariage pour s'offrir à Dieu. Elle décide contre l'avis de son père de vivre en recluse dans une petite cellule de moniale durant le restant de ses jours. Mais une dure épreuve l'attend qui la fera douter de ses choix : la séparation d'avec son enfant. Carole Martinez, auteur du magnifique "Coeur cousu", nous livre ici un roman poétique, plein d'amour et de tristesse ; il se lit d'une traite. Un roman poignant, prenant avec une héroïne qui, malgré son jeune âge, ira jusqu'au bout de ses choix.
Catherine de la librairie de CHALON-SUR-SAONE
La société patriarcale du Moyen Âge vue par Esclarmonde, insoumise et rebelle. Une légende spirituelle et tragique d'une conteuse de grand talent. Après "le coeur cousu", Carole Martinez décroche avec ce second roman le prestigieux Goncourt des lycéens.
Joëlle de la librairie de NEVERS
Nous sommes au 12ème siècle en Bourgogne. Esclarmonde est une jeune fille de 15 ans, instruite et unique enfant d'un grand seigneur. Celui-ci veut la marier pour assurer sa descendance. Mais elle, elle veut consacrer sa vie à Dieu et va s'opposer farouchement à ce mariage arrangé. Le jour de ses noces, elle se tranche une oreille et demande à son père qui est furieux de son refus de lui construire une cellule où elle restera cloîtrée à vie. Le jour de son enfermement, Esclarmonde est violée. Malgré cela, elle va être cloitrée comme elle le désire tout en cachant à son entourage ce crime. Sa seule ouverture sera une petite fenêtre avec des barreaux. Un pèlerinage va se développer autour d'elle, les gens vont venir se confier et elle va les conseiller. Mais bientôt, Esclarmonde s'aperçoit qu'elle ne va plus être seule dans sa cellule car elle est enceinte. Elle accouche d'un enfant mâle qui est considéré comme un signe divin et qui la porte au rang d'immaculée conception. En devenant mère, l'adolescente va grandir, découvrir la sensualité de la vie, tout en restant prisonnière de sa promesse à Dieu. "Du domaine des murmures" est un roman splendide écrit à la première personne du singulier. C'est une voix féminine du 12ème siècle qui parvient jusqu'à nous.
Carine de la librairie de TOULOUSE - 14 rue des Arts
Est-ce que Carole Martinez avait placé la barre trop haut avec son premier roman, "Le coeur cousu" ? Parce que celui qui nous intéresse ici, en lice pour le prix Goncourt, se révèle décevant. Enfin il aurait fallu à l'auteur un talent immense pour parvenir à transporter le lecteur avec le récit d'une réclusion volontaire au Moyen-Âge ! Esclarmonde, en choisissant d'être emmurée, a pour seul mérite de défier la loi du Père, engrossée tout de même à la veille de sa réclusion. Le reste est plat, sans réel intérêt, à l'instar de son héroïne, immobile. Non je vous le dis, je vous le répète, lisez plutôt "Le coeur cousu", une pépite de la littérature française contemporaine !
Julie de la librairie de ANTIBES