Au Congo, l'affaire Le Crédit a voyagé défraye la chronique : suscitant le scandale dans la
Population, et notamment parmi la foule de sectes religieuses qui pullulent dans le pays, le bar très
Crasseux qui porte ce nom est en effet menacé de fermeture par les autorités pour atteinte aux
Bonnes moeurs... Il faut dire qu'il est le refuge de toute une bande d'éclopés fantastiques aux
Surnoms évocateurs (Escargot entêté, Zéro Faute, Robinette, La Cantatrice chauve,
L'Imprimeur...), personnages plus ou moins marginaux, réunis par une même passion de la
Bouteille. Au premier rang d'entre eux figure Verre Cassé, véritable patriarche des lieux, ancien
Instituteur qui possède un don inouï pour l'écriture et à qui le patron du bar a confié le soin de
Raconter dans un cahier de fortune les aventures inénarrables qui s'y déroulent, les prouesses
Loufoques de chacun des personnages hauts en couleur qui le fréquentent. Dans une veine
Rabelaisienne qui laisse aussi toute sa part à la distance romanesque, Alain Mabanckou nous donne
A voir, grâce aux ressources d'une langue inventive et au talent d'ironiste qui le distingue dans la
Jeune génération d'écrivains africains, un portrait jubilatoire et revigorant de la réalité africaine,
Loin des poncifs sur la misère et des tableaux ethniques de circonstance.