Aucune découverte archéologique n'a suscité dans les temps modernes pareille vague d'intérêt comme les manuscrits de Qumrân, cet ensemble unique de manuscrits bibliques découverts dans les années 1940 autour de la Mer Morte. Ces textes à la forte teneur apocalyptique ont, à mesure qu'ils ont été traduits et révélés au public, éveillé l'imagination de tous. C'est une double histoire que raconte ici Neil Asher Silberman : celle d'un petit peuple de la province de Judée, dont la religion farouchement nationaliste, centrée sur le Temple, se voyait cruellement combattue par les Romains ; et celle de la découverte, puis de la traduction au compte-goutte des manuscrits, jusqu'à ce que le New York Times fasse sa "une" sur le scandale du monopole exercé par une coterie de soi-disant spécialistes. En accord avec l'exégète R. Eisenman, Neil A. Silberman montre que ces textes, écrits au moment le plus noir de l'histoire juive ancienne, loin d'être le fait d'une communauté apolitique isolée dans un désert de pierres, sont l'expression d'un mouvement de résistance nationale à la fois contre l'administration impériale romaine et contre l'aristocratie juive de Jérusalem. C'est dans un tel contexte, soutient-il, qu'il faut comprendre la venue des nombreux messies et, parmi eux, de Jésus.
Commandé par Michel-Etienne Turgot (1690-1751), prévôt des marchands et père du ministre de Louis XVI, le Plan de Paris de Louis Bretez, dit Plan de Turgot (1734-1739), allie un certain réalisme (arbres, lanternes, façades...) à une forme archaïsante de représentation : ce qui est recherché n'est pas tant la précision géographique que la richesse et l'évidence de la représentation de la ville. Et c'est ce qui fait que les amateurs l'apprécient comme étant l'un des plus beaux plans de Paris.
Le voici réédité en fac-similé, pour la première fois par le dépositaire des cuivres originaux, la Chalcographie du Louvre, en partenariat avec Chapitre.com. Les 21 planches du plan, reproduites en réduction d'un tiers sur papier de Lana, sont rassemblées en un élégant portfolio au format 39 x 57 cm, numéroté de 1 à 2000. Edition précédée d'une note liminaire et de l'édition de sources manuscrites et imprimées par Laure Baumont-Maillet et Jean-Yves Sarazin, de la Bibliothèque nationale de France.
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En 1734, Michel Etienne Turgot, alors à la tête de la municipalité parisienne, décide de promouvoir l'image de Paris auprès des élites (parisiennes, provinciales et étrangères) en faisant réaliser un nouveau plan de sa ville. Il confie à Louis de Bretez le soin de lever et de dessiner le plan de Paris et de ses faubourgs. Par contrat, il lui a été demandé une observation de grande précision et une reproduction très fidèle de ce qu'il voyait ; il disposait même d'un mandat de visite l'autorisant à entrer dans les hôtels et les maisons.
Bretez, membre de l'Académie de Peinture et de Sculpture et professeur de perspective, opte pour le système de la "perspective à la cavalière", sans point de vue, ni point de distance. Il travaille pendant deux ans. Ce plan allie une représentation complète et exacte de la ville et de ses faubourgs et un dessin d'une belle facture. Il est l'une des plus belles représentations de Paris au XVIIIe siècle avant les grandes transformations qui renouvelèrent complètement la capitale sous Napoléon III et Haussmann.
En 1736, Claude Lucas, graveur de l'Académie des Sciences, est chargé de graver à l'eau-forte et au burin les 21 planches du plan dit de "Turgot". Le plan ne parut qu'en 1739. Les estampes reliées en volumes étaient offertes au Roi, aux membres de l'Académie et à la Municipalité mais aussi aux représentations françaises à l'étranger.
Les 21 cuivres gravés du plan de Turgot sont conservés par la Chalcographie du Louvre, où ils servent aujourd'hui encore à l'impression de nouveaux tirages suivant les mêmes techniques qu'il y a deux siècles.