CHAP-FRONT-02

Lettre autographe signée adressée d'Italie à Marie Gärtner, pianiste à la Cour de Cobourg, le 23 juillet 1864 ;

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  • [1618-356] 3 pages in-8.

    Cette importante lettre commence avec des consolations adressées à la célèbre pianiste qui venait de perdre son cheval Bucéphale : " sans être précisément hippomane je comprends bien qu'on s'attache sensiblement à son cheval et même qu'à beaucoup d'heures on préfère cette compagnie à celle de tels ou tels de ses amis (...) Aussi ai-je pris une part sincère au chagrin que vous éprouvez de la perte de votre Bucéphale, et sans essayer de vous en distraire ou consoler ( verbes plats et de peu de sens) je vous souhaite seulement la dose de résignation nécessaire (...) " Après les condoléances Liszt évoque les saisons musicales. " Rémenyi m'a écrit de Bâle [Le violoniste Edouard Remenyi ( 1830-1898) était un intime de Liszt qui l'avait surnommé le Paganini hongrois] et j'imagine qu'il sera arrivé à Ems en même temps que la lettre de Brendel que je me suis permis de vous envoyer pour lui. Probablement même il restera dans les alentours jusqu'à la mi-août et consentira à ajouter les effets merveilleux de son archet à ceux des eaux thermales d'Ems, Wiesbaden, Hombourg (...) Les baigneurs et les touristes n'auront qu'à se féliciter de cette précieuse chance dont ils vous sont redevables, mon excellente amie. Avant de lui écrire, j'attends que vous me renseigniez exactement ( en simple prose, sans style apocalyptique) des évolutions pérégrinantes de notre illustrissime Remenyi que je compte retrouver à Carlsruhe vers le 17 août. Pour maintenant veuillez seulement avoir la bonté de lui recommander de se mettre directement en relation avec Brendel au sujet du Programme de Carlsruhe... " Carl-Franz Brendel (1811-1868), un partisan de Liszt, de Wagner et de " la musique de l'avenir " était directeur de la Neue Zeitschrift für Musik. " J'ai passé trois jours à la Villa d'Este, et lundi dernier j'ai eu l'honneur d'accompagner Mgr l'évêque de Transylvanie jusqu'à Civita Vecchia. On avait eu l'ingénieuse idée de m'y préparer la surprise...d'un piano, voire même d'une " Académie nautique ". Mgr Hohenlohe à qui était réservé un chapeau de Cardinal avait invité Liszt à la Villa d'Este. Dans ce milieu, entouré de prélats lui arrivèrent des lettres pressantes sollicitant son concours pour le festival de musique de Carlsruhe. Liszt se défendit d'abord, puis se laissa convaincre par Bülow. " Vous rencontrerez M. d'Hainald à Ems et même à Carlsruhe car il a la très aimable intention d'y venir après sa cure durant la semaine où j'y serai " (Le Cardinal Louis Hainald était un des plus fervents admirateurs hongrois de Liszt). A la fin de sa lettre Liszt parle du pape en villégiature à Castel Gandolfo, de Lady Stuart, de ses voisins Mansi et de Sgambati " je le prends singulièrement en affection. Melle Louise C.(Colet) avait bon goût cette fois, mais Sgambati aussi ! ". Sgambati deviendra un disciple de Liszt.