Résumé de "Tangente vers l'Est"
'Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d¿une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu¿ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.' Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont
... Lire la suite
partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d¿un bout à l¿autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l¿est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.
Critiques presse
A travers ce jeu ardent d'esquive et d'aimantation, Maylis de Kerangal enregistre les ondes sismiques de toute rencontre, humaine ou géographique. Elle chante sa fascination pour « la peau de la Terre, l'épiderme de la Russie, les griffes et la soie », et apporte sa pierre, chaude et granuleuse comme un boulet de canon, à la littérature de voyage ici magistralement renouvelée.(Marine Landrot - Télérama,04/01/2012)\\Le texte est court, superbe, ensorcelant. En une centaine de pages, Maylis de Kerangal dit tout : l'inhumanité d'un système, le gouffre devant l'inconnu, l'appel de l'ailleurs, la solidarité humaine.(Marianne Payot - L'Express,13/01/2012)\\Le grand art, c'est cela : nous faire croire, sur toute sa longueur, aux péripéties d'une rencontre improbable. Et même mieux que croire, vibrer. Frémir. Tourner les pages un peu plus vite, le coeur serré, dans l'attente du dénouement. Voilà ce qu'a réussi Maylis de Kerangal avec ce formidable petit roman.(Raphaëlle Rérolle - Le Monde,26/01/2012)
Voici l'improbable rencontre entre une française et un jeune appelé russe, tous deux embarqués à bord du transsibérien.
Le récit file aussi vite que le train, ce monde clos, humanité en miniature, et nous emporte à toute allure de gare en gare, à travers la Sibérie. Le drame effleure les rails et la tension monte dans cette histoire rythmée par les tentatives de désertion du jeune soldat, et par les souvenirs de la jeune femme. On y retrouve toute l'énergie déployée dans le précédent et brillant roman de l'auteure, "Naissance d'un pont".
Cécile de la librairie de MONTELIMAR - 52 rue Pierre Julien