Résumé de "L'art français de la guerre"
"J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails. ... Lire la suite
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Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue." Alexis Jenni.
"L'armée en France est un sujet qui fâche. On ne sait pas quoi penser de ces types, et surtout pas quoi en faire. L'armée en France est muette, elle obéit ostensiblement au chef des armées, ce civil élu qui n'y connaît rien, qui s'occupe de tout et la laisse faire ce qu'elle veut. Ces militaires on les préfère à l'écart, entre eux dans leurs bases fermées de la France du Sud, ou alors à parcourir le monde pour surveiller les miettes de l'Empire. On préfère qu'ils soient loin, qu'ils soient invisibles ; qu'ils ne nous concernent pas. On préfère qu'ils laissent aller leur violence ailleurs, dans ces territoires très éloignés peuplés de gens si peu semblables à nous que ce sont à peine des gens."
Critiques presse
Une réussite.(Baptiste Liger - Lire,30/08/2011)\\J'en suis ressorti conquis. C'est un roman naturaliste par sa méthode, musclé par son style, enlevé comme un chant, inspiré comme une méditation...(Patrick Rambaud - Le Monde,01/01/2070)\\Un livre magnifique.(Marc Lambron - Le point,01/01/2070)\\Un souffle prodigieux. On en ressort avec des images plein la tête -chargées de cadavres, de couleurs et de paysages. Avec l'étrange impression qu'on l'a peut-être enfin trouvé, le "Grand roman français".(Augustin Trapenard - Elle,01/01/2070)\\Ce coup de Jenni est un coup de maître.(Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur,01/01/2070)\\Alexis Jenni conjugue la beauté à la fureur.(Sabine Audrerie - La croix,01/01/2070)
Un homme du côté de Lyon est au bout du rouleau. Sa rencontre avec Victorien Salagnon, un peintre amateur, va le faire réfléchir sur l'état de la France aujourd'hui. En effet, Victorien va lui raconter ces guerres coloniales dont personne n'a fait le deuil.
Rachid de la librairie de TOULOUSE - 14 rue des Arts
D'abord un style : limpide, précis, élégant. Ensuite une histoire : rien moins que celle de notre pays, la France depuis 70 ans jusqu'à aujourd'hui. Joignez-y un parti pris, une opinion. Le tout mêlé à une ambition immense, magistralement accomplie, en une démonstration éblouissante de maîtrise, et vous obtenez Le moment de Littérature de cette rentrée littéraire française ! Le narrateur d'aujourd'hui "citoyen de la première république de gauche" lâche progressivement prise sur sa vie ; d'abandon en abandon, il rencontre dans un bar de banlieue anonyme, un homme qui a fait partie de cette génération de combattants qui, durant 20 ans, ont porté les armes pour notre pays, de la Libération à l'Algérie en passant par l'Indochine. En échange de l'apprentissage de l'Art du dessin, que celui-ci a reçu en don, il lui prête ses mots pour raconter cette épopée tragique. Le récit alterne avec ses prolongements et ses traces qui se ravivent dans la France d'aujourd'hui. Premier roman époustouflant ! Attention chef-d'oeuvre !
François Leman de la librairie de ORLEANS
Premier roman
Ils ne sont pas légion les premiers romans que l'on peut qualifier de chef-d'oeuvre. Celui-ci en est un. La robustesse de sa langue, son énergie, son élégance sous-jacente et son sujet un peintre qui veut écrire, un écrivain qui voudrait savoir tenir un pinceau à travers le prisme de l'Histoire (les guerres coloniales) concourent à faire de cet ample roman une oeuvre tout à la fois actuelle et intemporelle. L'exercice n'est pas aisé ; l'auteur parvient néanmoins à nous éblouir par un récit sans faille qui propulse le lecteur de page en âge. De la France occupée à la guerre d'Indochine, suivons Victorien Salagnon, soldat et peintre d'un monde en déliquescence. Un très grand livre.
Christophe de la librairie de ANNEMASSE
Premier roman, le nouveau Goncourt est une somme ambitieuse qui, sous couvert d'une fiction, nous fait revisiter 50 années de conflits, le fameux "art français de la guerre". Jenni prend habilement prétexte d'une rencontre entre deux personnages que tout oppose, le narrateur, jeune homme un peu perdu dans son époque, et Victorien, peintre baroudeur qui a vécu de l'intérieur les grands conflits du XXème siècle. A partir de là, et avec une maestria extraordinaire, l'auteur nous entraîne dans une fresque étourdissante, où l'on passe de la Seconde Guerre mondiale au devenir du grand conflit français, la décolonisation, la bataille d'Alger et le rôle peu reluisant joué par l'armée française. En conclusion, un premier roman très maîtrisé, à l'écriture classique et inventive à la fois, bref un très bon cru "Goncourt" 2011.
Stéphane Gaune de la librairie de ROANNE
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