Cinquante-six histoires, plus ou moins brèves, dont les protagonistes se font mal ou font mal aux autres, avec une constance impressionnante. Comme certains monochromes qui, selon l'angle de vue, brillent de mille façons, ces tableaux, noir sur noir, ont l'infinie diversité que les gens ont de leur malheur. Et, alors qu'on ressort déprimé de tant de peintures du bonheur, naïves ou mensongères, on remonte regonflé de ces enfers. De ces enfermements. Il y a dans l'écriture de Régis Jauffret tant de nerf et de rage, tant de vivacité dans le trait, que le résultat est parfois d'un comique irrésistible. Dans ces ''fragments'', on rejette sauvagement son mari, sa femme, son gosse, ses amis, ses parents. On se jette soi-même dans le vide, la mer, la nuit ou l'écriture. Et s'abandonnant aux fantasmes, on vit au conditionnel.
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