«Adieu l'espoir, adieu les roses, adieu la nature
Et le vent ; tout cela n'est plus à moi. Et Marie,
Ma pauvre petite fille ! Qui t'aimera désormais ?
Mon coeur saigne toute ma rage...»
Qui parle ? Un homme semblable à tous les autres,
Dans l'attente de la mort. Dehors, dans la lumière
Pâle du petit matin, la guillotine projette son
Ombre sur le pavé. Dans quelques heures, cet
Homme sera exécuté. Son crime ? Il n'en dit rien.
Le temps presse. Sur le papier qui lui reste, il
Jette encore ses terreurs et ses angoisses, se
Souvient du bonheur enfui... Qu'espère-t-il ?
Conserver la force de se tenir debout.
«Que ce que j'écris ici puisse être un jour utile
A d'autres, que cela arrête le juge prêt à juger,
Que cela sauve des malheureux, innocents
Ou coupables, de l'agonie à laquelle je suis
Condamné...»