kant et le problã¿me de la mã©taphysique n'est pas une excursion de heidegger hors de ses propres recherches.
ce n'est pas un livre d'histoire au sens positiviste. heidegger s'attache consciemment ã un kantisme possible devant lequel kant lui-mãªme aurait reculã© aprã¿s la premiã¿re ã©dition de la critique de la raison pure. il s'agit donc d'une lecture de kant par heidegger, d'une reprise ou " rã©pã©tition " qui dã©passe autant qu'elle conserve.
dã©marche qui n'est prã©somptueuse qu'en apparence. on peut la justifier mãªme sur le terrain de la pure histoire.
car c'est ainsi que chacun lit. l'historien " objectif ", qui veut s'en tenir aux textes et au sens manifeste, mã©tamorphose et peut-ãªtre dã©truit les philosophies en les privant de leur mouvement intã©rieur vers le vrai. une philosophie peut bien devenir, en s'enfonã§ant dans le passã©, grimoire, empreinte, textes : ã©crire l'histoire de cette philosophie sera toujours en recommencer l'entreprise. il n'y a d'histoire de la philosophie que pour un philosophe.
la confrontation avec kant montre que heidegger cherchait ã fixer non seulement la situation de l'homme souffrant, mais aussi bien celle de l'homme connaissant et ouvert ã une vã©ritã©. il ne peut plus ãªtre question d'anthropologie au sens ordinaire du mot quand l'homme prã©cisã©ment est dã©fini par une relation qui n'a d'analogue ni dans le monde, ni dans la vie, ni dans le " psychisme " : comme rã©vã©lateur de l'ãªtre, ou mãªme comme le lieu mã©taphysique oã¹ l'ãªtre se manifeste ã lui-mãªme.
on voit ici sans ã©quivoque que l'incarnation et l'historicitã© ne remplacent pas la vã©ritã©, mais la rã©alisent.