Critiques presse
Long monologue intérieur qui creuse la mémoire comme la douleur, asphyxiant puisque aucune bouche d'air, sinon des fulgurantes envolées poétiques, empruntées à Eluard, Bousquet, Milosz, ou Desnos, ne vient aérer l'antre infernale qui a englouti Chantal, vingt-quatre ans plus tôt, ce texte de Jean-Marie Gourio saisit. Implacable. Direct au plexus. Souffle coupé. Tant la confidence laisse le lecteur impuissant. Témoin effrayé d'une introspection vertigineuse. Une prouesse qu'on n'ose, par décence,
"Chantal Breitman avait vingt-six ans quand son voisin, le gentil M. Jean, a violé et tué sa petite fille Sandrine. Elle a dû regarder le corps sali et martyrisé de son enfant. Son mari s'est suicidé. Elle a dû se rendre au tribunal pour qu'on lui raconte une nouvelle fois et par le détail le supplice infligé à sa fille. Elle a appris que M. Jean avait été condamné à vingt-quatre ans de prison. Son esprit a explosé. La logique qui structurait sa vision du monde s'est brisée. Son esprit s'est morcelé en une multitude de fragments qui se sont recomposés pour former une vision totalement originale du monde. Du même auteur : Brèves de comptoir ; Chut !."