Résumé de "Je me souviens"
" Ça fait soixante-quatre ans que je n'ai rien pu dire, c'est la première fois que je le fais.
Je me rappelle, j'habitais ici. Et puis un jour, ou plutôt une nuit - c'était tôt le matin quand j'ai été arrêté -, la rue a été barrée de chaque côté par des soldats en armes. C'étaient des Allemands, mais j'ai été arrêté par la police française.
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Il y avait des camions en travers de la rue et puis, devant la porte, une traction avant avec des inspecteurs en civil, des inspecteurs français qui étaient là pour arrêter un enfant de six ans et demi ! " B. C.
Boris Cyrulnik évoque, dans ce livre très personnel, son enfance, son arrestation, son évasion et surtout l'insoumission aux hommes et aux idées.
Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur d'enseignement à l'université de Toulon. Il est l'auteur d'immenses succès, notamment Un merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards et Autobiographie d'un épouvantail.
Ce court récit du pape de la résilience m'a été conseillé par une cliente, laquelle a ajouté l'avoir offert à plusieurs reprises. Intriguée, je me suis demandé quel message cette personne souhaitait transmettre en offrant ce livre. L'histoire personnelle de Cyrulnik faisait-elle écho à sa propre histoire ou était-elle simplement mûe par le désir de propager une leçon de vie ? "Tout le monde devrait lire cela..." Et pourtant, dès le départ, l'auteur nous indique que pendant près de 60 ans, il a tout oublié pour se construire. Car l'histoire du petit Boris, séparé très jeune de ses parents, ayant échappé plusieurs fois aux arrestations et à la déportation illustre à quel point la rébellion peut être salvatrice. Même à 6 ans, un enfant est capable de distinguer l'injustice et de se soustraire à l'autorité d'adultes indignes de confiance. Autonome, pitre et se défiant du monde adulte, il mêle à ses souvenirs douloureux des éléments fictifs comme l'infirmière blonde, ou le militaire allemand "gentil". Retrouver les différents lieux de son périple enfantin lui permet de recoller les morceaux. Lorsque la réalité est terrible, pour ne pas se sentir happés par ce trou noir, certains l'enjolivent et se choisissent un destin de héros et non de victime. En sauvant sa peau, cet enfant sauvait quelque chose de précieux à la survie de la conscience humaine : l'espoir, la lutte et le refus d'une société révoltante et dégradante. Boris Cyrulnik a de bonnes raisons de croire à la thèse de la résilience : il en est la parfaite incarnation.
Christine de la librairie de PERPIGNAN