Dans sa préface à l'ouvrage anglais, d'où sont tirées la plupart des lettres réunies dans ce volume, Evelyn Hatch nous dit que le penchant du révérend Charles Lutwidge Dodgson, alias Lewis Carroll, pour les enfants du sexe féminin, à mesure qui lui-même avançait en âge, "became more and more of a hobby" - tournait de plus en plus à la marotte. Partour où il allait, il se liait d'amitié avec les petites filles qu'il rencontrait. Dans le studio de photographe qu'il avait fait aménager au-dessus de son appartement, il costumait - il déguisait plutôt - ses petites amies, puis les faisait poser longuement devant l'objectif. Pour elles, le révérend Dodgson organisait des matinées enfantines à son domicile, des pique-niques dans les environs d'Oxford. Lors de ces promenades, il régalait les enfants d'histoires, de plaisanteries et, au retour, après un thé dans le grand salon dont les fenêtres dominaient la place Saint-Adalte, il leur réservait maints divertissements. D'un grand placard, il sortait un ours en peluche qui marchait tout seul, des poupées, des souris mécaniques, toutes sortes de boîtes à musique dont le féerique tintinmarre plongeait le jeune auditoire dans un état voisin de l'extase...
Le volume s'ouvre sur une introduction de Jean Gattegno. Une série de lettres de Lewis Carroll traduites par Henri Parisot (pour la plupart inédites en français) accompagnent les photos, tirées directement des plaques originales conservées dans les universités d'Austin (Texas) et de Princeton (New Jersey).
Ces documents sont complétés de textes du photographe Brassaï et d'Helmut Gernsheim, qui fut le premier à attirer l'attention du public sur les photographies de Lewis Carroll.
Préface de Jean Gattegno196 pages, 41 photographies tirées en sépia collées à la mainEdition à tirage limité, exemplaires numérotés, imprimés sur vergé bleu de Fabriano, reliés en soie "Orient" noire avec dorure à l'or fin, coffret de bibliothèque