Ce roman de Maurice Bedel, édité par Gallimard en 1932, répond à la question (d'actualité): "Comment être turc et européen en 1932,!".Il est réédité ici avec une préface de Claude Herzfeld.
En Zulfu, le lecteur de Bedel trouvera une héroïne qui, paradoxalement, parvient à trouver en France le moyen d'échapper à la vague de changements qui submerge l'ancien régime ottoman! Belle occasion, pour Bedel, de brocarder les effets pervers de ce Progrès que l'homme, en sa grande mégalomanie, ne parvient pas à maîtriser (comme dans Voyage de Jérôme aux Etats-Unis d'Amérique) et de prôner sa chère Touraine (particulière-ment dans Molinoff,Indre et Loire ou La Nouvelle Arcadie)'est le porte-parole de l'auteur, Hubert, qui con-damne ce qui est à l'origine de la destruction de l'envi-ronnement.
Selon Amédée (alias Ahmed), le narrateur,"la science et la philosophie [sont] la véritable parure de la femme". Aussi déplore-t-il que Zulfu, la fille de son maître, cache ses cheveux "sous une sorte de turban de soie noire" qui lui donne "l'aspect d'une femme des temps passés", mais il doit bien reconnaître que,"ainsi parée, Mlle Zulfu [est] bien jolie". En cela, Amédée et Hubert sont bien d'accord...